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Skateboard STORIES – Europe

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Le skateboard apparaît sur la côte californienne dans les années 50. Les premières planches sont bricolées avec du matériel de récupération et servent essentiellement à se déplacer, avant de devenir peu à peu pour les surfeurs une alternative aux journées sans vagues.

Assez naturellement le skateboard débarque en Europe par la côte basque, en France, qui attire peu à peu les grands noms du surf américain, aux côtés des champions locaux.
Le skateboard européen, bien loin de la Californie, en est à ses balbutiements, mais à la fin des années 70, véritable âge d’or du skateboard, l’engouement est total. D’innombrables marques locales de matériel se sont développées, des événements liés au skateboard sont relayés par les médias, avec pour horizon cette fascination pour les Etats-Unis et surtout le style de vie californien, hédoniste et décontracté.

Mais le skateboard perd tout à coup sa popularité, au gré des modes lancées par l’industrie des loisirs sportifs. Les magasins, la presse, les marques disparaissent, et la pratique du skateboard va devenir marginale.

Aux Etats-Unis même, cette perte d’engouement se fait ressentir, et les skaters vont peu à peu se retrouver autour de cet esprit indépendant et volontaire qu’on leur reconnaît.
Outre la pratique de la rampe, de plus en plus élitiste, le skateboard va développer sa spécificité éminemment urbaine, au-delà de l’ascendant historique du surf. Les skaters pratiquent les formes et la matière de la ville, et les innovations techniques successives sur les roues ou les planches vont permettre une créativité inédite.

Loin de l’épicentre californien, les skaters européens vont cependant suivre cette évolution, à travers l’esprit solidaireet les divers échanges que favorise une passion commune, puis en décortiquant les toutespremières vidéos américaines.

Conséquence d’un activisme volontaire parmi les skaters les plus réputés, des marques créées et gérées par les skaters eux-même vont apparaître, mettant en application ce principe hérité du mouvement punk : Do it Yourself !

Le skater Steve Rocco sera le fer de lance de cette petite révolution : en créant sa société World Industries contre les grosses compagnies qui tenaient l’industrie et le business du skate, il démontre que les skaters peuvent faire les choses par eux-même pour eux-mêmes.

C’est cet esprit d’indépendance qui poussera de nombreux skaters aux Etats-Unis et en Europe à monter leur propre marque de skateboard, locale, et plus si affinités.
Sans plus de complexe par rapport au niveau américain, les Européens en France, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, font peu à peu faire valoir leurs spécificités, leur état d’esprit, et leur environnement urbain bien différent de ce qui peut exister outre-Atlantique.

Aujourd’hui, même si les skaters légendaires sont américains, le skate européen a acquis ses lettres de noblesse, avec une génération incontestable de jeunes gens talentueux et une grande variété de paysages urbains. Certains spots de Marseille, de Lyon, de Barcelone ou de Berlin font ainsi partie des lieux les plus filmés et photographiés par les skaters.

Car au-delà d’une hypothétique performance sportive, l’imaginaire du skateboard est intimement lié à la ville. En utilisant ou en détournant les formes ou le mobilier du paysage urbain, le skater plaide inconsciemment pour une pratique ludique de la ville.

C’est peut-être cette notion de plaisir et de dextérité qui rend l’image du skater si désirable…

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